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 Des études a la schizophrénie

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AuteurMessage
May
Maydinaute
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Messages : 627
Date d'inscription : 09/09/2010

MessageSujet: Des études a la schizophrénie   Jeu 26 Jan - 19:44

Issue d’une grande fratrie dans une famille modeste , traditionnelle , j ai fait mes études dans les années 70-80.
Fille d’un imam de quartier, j ai été élevée dans les valeurs islamiques la religion et la quête du savoir. C est donc tout naturellement que j aie été studieuse et aie brillamment réussi mon parcours jusqu’au bac.

Hélas, cela ne fit pas mon bonheur car c était sans compter avec la rivalité fraternelle qui a fait de de ma vie un enfer. En effet , mes frères n acceptaient pas l idée qu’une fille puisse réussir mieux qu’eux, les garçons. Et mes soeurs crevaient de jalousie car en plus d’être bonne école, j’ avais eu la brillante idée d’ être encore la plus jolie . Ils se sont alors tous ligués contre moi et m ont isolée dans la famille ou je me sentais de plus en plus étrangère, indésirable, pas à ma place. Cette situation a fortement affecté mon moral et je sombrais lentement mais surement dans une depression larvée qui changea le cours de mon destin.

La brillante élève que j étais cessa alors d exister. Mes notes chutèrent. J’avais de plus en plus de peine à me concentrer sur un cours, comprendre des notions nouvelles, réussir mes examens.
De tête de classe, je suis passée à étudiante en difficultés, en souffrance. Et c’ est au prix d un travail acharné, de nuits blanches passées à bachoter que je décrochais mon D.E.S en Physique et obtains une bourse pour la France, dernier choix de l époque,  mais c’est ce que mes résultats me permettaient….

A Paris, les choses se corsèrent. La différence de niveau, la peur de l inconnu , de l’échec, les lacunes, le complexe d’infériorité à l’occident, le mal du pays, la solitude, la condition d étranger, que dis-je d’algérienne en France, ont eu raison de ma santé chancelante et je fis une premiere bouffée délirante, puis une 2 ème, puis….et me retrouvais très vite, au bout dans la raison, aux mains des experts psychiatriques qui diagnostiquèrent des troubles psychotiques dus a l émigration et aux difficultés majeures que j’affrontais dans mes etudes.

Avec la force du désespoir, la  volonté de non retour au pays  comme semelle , et ma combativité à toute épreuve comme arme, j entrepris donc de faire une thèse de doctorat que je commençais comme d’habitude sur les chapeaux de roue et que j ai miraculeusement fini…sur les rotules, en mauvais termes avec mon directeur de thèse et tout le labo avec qui je ne m’entendais pas.: En France, si on fait une thèse, ou on est un génie et on est accepté . Ou on peine et on vous dénigre. Ils recherchent des talents et seulement des talents. Leur but n’est pas de former des boursiers mais de les exploiter gratuitement.
La chance aidant,j ai rencontré l’amour et me suis mariée avec un cadre, algérien lui aussi et c’est là que ma vie a pris une tournure surréaliste.

Je n aurais jamais imaginé que ce titre de doctorat allait me causer autant de problèmes familiaux, me faire autant d ennemies chez les femmes algériennes.
Apres les felicitations d usage, mes tantes m ont carrément appelée du pays pour me féliciter , elles qui ne  l’ont jamais fait, j ai pris en plein dans la figure toutes les marques de jalousie et d’envie, de convoitise  de mes soeurs et autres femmes de ma famille.

Tout a commencé par les préparatifs de mariage. D abord la belle mere qui s oppose, car j étais trop bien pour son fils et leur famille ( eh oui , elle était jalouse, il y a des mères comme ca!): une belle fille jeune , belle , intelligente , à l’étranger avec un doctorat en plus. Ah non , c était trop pour elle, surtout que sa propre fille galèrait dans une spécialité comme elle le disait elle même , poubelle de l’université
Ensuite vint ma famille. Orpheline, je devais passer par ma soeur aînée et mes tantes pour me renseigner sur les us et coutume du mariage dans notre famille. Une question bateau , la routine, me direz vous en pareilles circonstances. Sauf que moi, jai eu l honneur de recevoir une lettre en France, de ma soeur , m insultant de : « chère docteur », nos traditions exigent ceci et cela.

A la lecture de la lettre , je suis restée sans voix. Je venais de décrocher un Doctorat en Physique, et on me reprochait mon ignorance des traditions familiales !
J’avais envie de répondre que je n avais pas fait une thèse -de sociologie sur le mariage en islam- mais en Physique, mais connaissant  la jalousie maladive qui les animait et désormais leur malveillance, j’ai préféré garder le silence et ma rancoeur dans mon coeur.
Je n étais pourtant pas au bout de mes peines. Ce n était hélas que le début .

J étais malade.je devais faire face à des troubles psychiques chroniques d ‘une part et affronter la haine d une famille d origine modeste et  ignorante qui voyait le doctorat comme un astre dans le ciel et s’imaginait que les titulaires de doctorat avait acquis la science universelle, quand ils ne marchaient pas sur l’eau tout simplement. De vrais messies.

Autant les femmes algériennes regardent les hommes doctorants avec respect et admiration, déférence. Autant elles sont jalouses des femmes doctorantes et font tout ce qu’elles peuvent pour casser la concurrence, une concurrence qui a mis la barre beaucoup trop haut , hors de portée.

Devinez ce que ma famille a trouvé comme moyen pour me détruire.: Faire valoir
Ils se sont servi de moi comme faire valoir….!

Des que je posais une question sur n importe quel sujet , on me répondait : tu es docteur non ?  tu ne sais pas ca ?

A coté, on m ignorait, m isolait, me cachait tout, ce qui concernait la famille, la vie, l’actualité, me donnant ainsi toujours l air de débarquer avec mes questions innocentes sur des choses qu’ on s appliquait a me cacher et que tout le monde savait.

On me présentait comme un brillant génie, que la terre n a jamais connu de pareil, tout en traitant comme une merde, me manquant de respect, se moquant de moi, m humiliant, devant la famille, les amis, les relations, les voisins, les inconnus, tout en vantant mes etudes.
Intolérable cruauté.

Mais le mot est très vite passé et je n ai pas tardé à devenir l’idiot du village, l idiot en dehors de sa science, qui ne sait rien faire d autres que des calculs, qui casse tout ce qu elle touche, se rate partout, gauche, maladroite,etc.

On aurait pu penser que c est une histoire banale de rivalité fraternelle, entre soeurs, entre femmes, comme il en existe tant. Mais l histoire ne s arrete pas là.

Arrivée dans la belle famille, l histoire se poursuit sur le meme thème , pour les memes cause : le doctorat
Figurez vous qu’un jour, j étais invitée chez ma belle mère avec mon mari et elle me demande de cuire un plat au four. Je lui demande bêtement comment marche son four que je ne connaissais pas. Elle ne me répond pas et sort de la cuisine.

Je me débrouille seule et tant bien que mal sans manuel d utilisation et je sors . C est là que je la trouve dans le couloir , en compagnies des autres femmes qu’elle avait invitée, et qui leur disait : Tu te rends compte . Elle a un doctorat et elle ne sait pas utiliser un four.
Une autre fois, chez ma belle soeur cette fois, elle me passe un fer a repasser et me demande de lui repasser sa robe. Je demande spontanément comment il marche ce fer. ( c était une station) . Elle me répond : je sais pas . C est toi le docteur..

Des exemples de ce genre, j en ai des centaines . Mais le message est clair. A partir du moment ou j ai un doctorat , je n’a plus aucun droit de poser aucune question , sur quoi que ce soit . Juste répondre à leurs questions, résoudre leur problème et me taire.

Et quand , l un d eux me fait une théorie sur l islam ou son metier, je n’ai pas le droit non plus de demander des éclaircissements . On me dit : tu as des fait des etudes non ? . Tu as un doctorat . Tu comprends, non ?

Ils ont fait de moi leur caution scientifique. En me réduisant au silence, ils se sont servi de moi comme faire valoir, faisant croire que parce que j ai un doctorat en physique, je devais tout comprendre , de la chimie a la médecine, en passant par la physique quantique
Pour finir, en reunion de famille, tout le monde parle, étale ses connaissances , frime avec son statut sauf moi . Condamnée en silence, je suis celle qu’on ne nomme pas, dont on parle à la 3 ème personne du singulier: elle. …. »Elle » a un doctorat

C est le piège dans lequel je suis tombée. Un piège infernal d un prestige dont je n ai tiré aucun bénéfice. Qu ils ont renversé à leur avantage: Sois docteur et tais toi..

Avec le temps et la distance, je suis devenue carrément un mythe ( familial) sinon une légende. En plus d être le plus grand génie de tous les temps mais dont on ne voulait pas, dont tout le monde se moquait, ils m ont trouvé une beauté ravageuse, que je ne me connais pas; une chevelure de rêve que je posséde pas.

Un pur de délire de mythomane . De la science fiction.
Cet état a bien entendu dégradé ma santé mentale. De la depression je suis passée à la schizophrénie. Une psychothérapie de 15 ans ainsi qu’une bonne medication ont permis de me stabiliser. J ai traversé l’enfer de la maladie mentale et quand je les revois , occasionnellement , en famille, elles osent encore me dire : pourquoi tu n as pas travaillé , avec toutes tes qualifications?. Elles racontent a qui veut bien l entendre , que j aurais pu faire n importe quel travail, mais c est moi qui ait refusé d’être active.

Quand je leur dis que je préfère être au foyer et élever mes enfants, elles me disent mais alors pourquoi as tu étudié? Et quand j essaie de leur dire , qu’il ne suffit pas d’être diplômée pour être une bonne employée , que le système algérien forme des bras cassés, que je n’aime pas le domaine professionnel dans lequel je m étais engagée, elles me disent. Non . C est vrai pour tout le monde sauf pour moi.
Depuis , je vis ma situation de mère au foyer  universitaire à qui on refuse le droit  à l incompétence, à l’échec  et de ce fait , à l humanité.
Ma revanche est la maladie. Ma revanche est la maternité, le foyer. Elles ont voulu faire moi un mythe incertain: le genie scientifique qui ne sait rien faire en famille. Un homme en quelque sorte. Une femme qui ne sait que travailler et rien d autre . Qui travaille dur pour gagner sa vie.Comme un homme.

Ma revanche est d être une femme. Cette femme qu’elles ont voulu éliminer, annuler.

Comme une femme, je me suis mariée. Comme une femme, un homme m’assume financièrement et m’entretient. Comme une  femme, il ma achetée une maison, fait des enfants.

Comme une femme , je suis à la maison et élève mes enfants

Comme une femme , j’ai privilégié ma vie de famille que j ai réussie à ma vie professionnelle.

Moralité : réfléchir à deux fois avant de se lancer dans un doctorat dans une famille d analphabètes et une société inculte.

https://ammuf.wordpress.com/2016/05/23/des-etudes-a-la-schizophrenie/

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L'enseignement : apprendre à savoir, à savoir faire, à faire savoir. L'éducation : apprendre à savoir être.[Louis Pauwels]
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Des études a la schizophrénie
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